VENDEE GLOBE 2008-2009

Cette édition est un succès. Elle a vu un grand nombre de participants et n’a pas de drame humain à déplorer.

Beaucoup de recherches, une construction plus rigoureuse et une bonne préparation ont conduit à des bateaux plus rapides, mais aussi à un doublement du prix et à une augmentation de la fiabilité du détail, pas forcément de la fiabilité de l’essentiel (quille, gouvernail, mât).
De plus, dans l’avenir, les efforts humains et financiers investis dans cette course doivent davantage s’inscrire dans les préoccupations actuelles :

  1. Rigueur économique
  2. Mutation écologique
  3. Progrès de la sécurité et de la technique,
  4. Améliorer l’image de la voile en lui donnant une image universaliste et utile

Conclusion des derniers Vendée Globe :
En ce qui concerne la casse il y a eu proportionnellement plus de casse sur les voiliers les plus récents et les plus aux avant-postes. Les origines en sont la malchance, l’allègement et les contraintes imposées par les coureurs.

 

1) Comment améliorer les choses ?

  1. Travail des architectes.

Les architectes, les calculateurs et les constructeurs doivent progresser pour augmenter la résistance de certaines parties du voilier.
Cela avait déjà été évoqué lorsque la stabilité des voiliers a été augmentée. Cette augmentation minimum nécessaire de la stabilité a provoqué l’allègement des voiles de quille et des mâts.
Il n’est pas souhaitable de mettre un règlement supplémentaire, par contre il serait bien de mettre en commun les expériences de tous les acteurs surtout quand elles sont malheureuses. Cela permettrait de voir ce qui tient, ce qui casse, et débattre pour comprendre les accidents survenus.
Le mieux serait que les plans des voiliers, ainsi que les mesures prises pour vérifier la construction (tests, contrôles etc) déposés au départ de la course, soient rendus publics et débattus avec les autres participants à l’arrivée.
On pourrait n’étudier que les voiliers ayant eu des problèmes, mais ce serait désagréable pour les acteurs concernés, et cela inciterait à cacher les problèmes.
Mais il est nécessaire qu’au moins les contraintes et les marges de sécurité prises en compte au départ par chacun soient connues pour que tous puissent progresser et, surtout, que les voiliers soient plus sûrs.

Le gros problème est de vaincre l’ego des architectes et des calculateurs. Les architectes sont très réticents à exposer le peu qu’ils connaissent et sont persuadés d’avoir une supériorité technique sur les autres, alors que leurs connaissances sont limitées et que les travaux de chacun finissent pas être très vite connus des concurrents, malheureusement partiellement sans connaître les tenants et les aboutissants. Et pourtant, cet échange serait bénéfique à tous.

Dans la recherche scientifique, les échanges sont la grande clé du progrès depuis deux siècles.

Ces échanges doivent être faits avec le soutien des sociétés d’assurance, qui sont parties prenantes dans les économies réalisées grâce à une plus grande fiabilité des voiliers.

Si l’on ne fait pas progresser d’un point de vue sécurité ces voiliers, à terme, ce type de course disparaîtra.

1)Travail des coureurs.

La tenue des quilles est liée à l’étude, aux marges de sécurité et à la construction. Par contre la tenue des mâts tient aussi à l’usage qui en est fait par les coureurs.
Seule une très bonne connaissance des limites de son voilier par le coureur permet d’éviter de tels événements. Cet apprentissage des limites du voilier doit être fait avant la course.

Pendant la course, pour épauler ces connaissances, des mesures en temps réel (accéléromètre, jauge de contrainte) renseignent en permanence le coureur sur les limites du voilier et son état de fatigue.
De plus, les mesures enregistrées permettent de mieux connaître les contraintes pour avoir une meilleure conception et meilleure construction des voiliers.
La pose de ces instruments de mesure a déjà été pratiquée lors de courses précédentes, mais les résultats n’ont pas été suffisamment exploités ou débattus.

2) S’inscrire dans le grand tournant, la mutation écologique

Il serait logique

  1. que ces voiliers soient économes en énergie non renouvelable,
  2. que le règlement du Vendée Globe autorise et favorise, ou impose des voiliers à énergie extérieure nulle. L’énergie du bord vient du vent et du soleil.
  3. que l’on autorise la propulsion électrique avec un ou deux heures d’autonomie
  4. que l’on favorise l’économie d’énergie (barre automatique, électronique de bord, transmissions…).

Ces points sont une mine de recherche pour les voiliers de demain.

 

Jean Marie Finot,   le  20/3/09