Jouy, Février 2000

La Plaisance du Futur.

 

La mentalité des plaisanciers évolue, aussi bien dans le domaine de la croisière que dans celui de la course.

Après avoir pris plaisir dans la possession d’un bateau, le navigateur d’aujourd’hui prend plutôt plaisir dans l’utilisation du bateau.
On est passé d’une société de possession à une société de jouissance.

Les plaisanciers attendent non seulement un bateau mais des services et tout un environnement qui leur permette de naviguer sans contrainte.

Tout l’environnement de la navigation va évoluer :

  • Le service des ports
  • La météo
  • Le suivi des bateaux en mer
  • La maintenance et les services après-vente.

Le plaisancier de croisière navigue de différentes façons :

  • A la journée, sur un bateau confortable , sans problème, façon caravanne
  • Pour faire du tourisme, sur un bateau qui permet d’aller loin, rapidement

L’évolution des services des bateaux permet maintenant de satisfaire de mieux en mieux cette demande de service global.

La facilité immédiate pousse à priori à l’utilisation du bateau à moteur pour une clientèle non avertie.

Mais

  • le plaisir de la mer,
  • l’augmentation du prix du fuel,
  • la pression écologique,
  • la facilité d’utilisation des voiliers nouveaux,
  • la grande facilité de maintenance des voiliers par le navigateur lui-même
  • l’augmentation de vitesse des voiliers,
  • l’augmentation de sécurité des voiliers plus stables, moins fragiles que les bateaux à moteur

tous ces facteurs poussent vers l’utilisation du voilier.

L’augmentation du tourisme de masse actuel qui sature les lieux de villégiature, particulièrement les côtes, pousse tout le monde à partir en mer, au large, plus loin, plus libre …

Cette évolution réussira si tous les navigateurs augmentent leurs connaissances du bateau, de la météo et surtout de la mer.

Pour suivre ce contexte, les voiliers vont donc évoluer.

 

Ils vont être beaucoup plus simples à utiliser et maintenir.

 

  1. Le gréement
  2. Les mâts se simplifient.

    Par exemple le gréement CwingÓ permet de faire des mâts très simples à régler et à maintenir avec seulement un étai et deux haubans bien adaptés aux bateaux de croisière de 7 à 15 m.

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    Giro 34

    L’adaptation de la voilure

     

    Les nouvelles méthode pour prendre les ris, les focs à rouleau rendent l’adaptation de la voilure très facile et très rapide.

    Les voiles à faible recouvrement, les winches motorisés, rendent la manœuvre plus rapide et plus légère.

    Drisses, écoutes retournent au cockpit : il n’est pas nécessaire d’aller à l’avant pour manœuvrer.

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    Océanis 321, Photo Bénéteau

     

    L’évolution des tissus,

    la coupe des voiles permet au plaisancier de les réduire plus facilement. De plus, elles sont plus efficaces, plus solides à l’usage.

     

     

  3. Les coques

La construction des coques évolue.

Elles deviennent plus solides, plus légères, plus faciles à maintenir .

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Océanis 411 Photo bénéteau

 

  • Les doubles coques avec des contre-moules
  • Les aménagements modulaires simplifiés

rendent le bateau plus facile à nettoyer

  • Les équipements plus modulaires (moteur, pompes, énergie)
  • Les faisceaux électriques, électroniques, les fluides

mieux organisés rendront le bateau plus facile à construire, à réparer.

Les techniques de construction de la coque feront appel soit à l’infusion, soit au préimprégné. Ces techniques améliorent les conditions de travail du constructeur, elles donnent un bateau plus fiable avec des matériaux plus efficaces.

L’utilisation du carbone à bon escient, en particulier sur les mâts, donne des bateaux plus stables, plus sûrs, avec des centres de gravité plus bas.

Les ballasts d’eau, les tirants d’eau plus importants ( au besoin avec une quille relevable ) les lests en stratifiés donnent des bateaux qui gîtent moins, qui sont plus tolérants et plus rapides.

A égalité d’équipement, ces nouvelles techniques permettent d’augmenter la vitesse des bateaux de 20 à 30 % par rapport aux bateaux de production actuelle.

 

Cette évolution touchera aussi bien les bateaux de grande croisière pour des grands parcours, que des bateaux de croisière confortable à rayon d’action plus restreint, l’exemple des premiers influençant les seconds.

L’eau sous pression, l’eau chaude, les dessanilisateurs, les réfrigérateurs, la climatisation, vont se généraliser sur les bateaux de croisière confortables. La protection contre la mer, le soleil ( capote, bimini ) augmente le confort de l’équipage.

 

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Océanis 411 Photo bénéteau

 

Parallèlement, des bateaux plus simples, plus rapides, pour qui l’essentiel est de marcher et de jouir du vent et de la mer tout en gardant le confort pour les fonctions essentielles :

  • Bien dormir
  • Etre bien assis ( extérieur et intérieur )
  • Avoir une bonne position pour manœuvrer, pour barrer
  • Etc.

Tout ce progrès naîtra au fur et à mesure de la demande du marché.

Les acteurs doivent prendre conscience de ce progrès possible, l’intègrent et font le choix du bateau qui correspond à ces nouvelles qualités, faisant évoluer ainsi l’offre des constructeurs.

Cette prise de conscience ira parallèlement avec une meilleure connaissance de la mer, de la météo et des propres capacités de chaque navigateur.

 

Jean Marie Finot